Notre contribution au PLU

Fort AvenirI – Le contexte historique de l’Avenir

Avec la modification du nouveau PLU, le projet de reconversion du Fort de Romainville arrive dans une nouvelle étape. Cet espace foncier, unique en petite couronne, fait l’objet de toutes les convoitises, depuis sa mise en vente il y a plusieurs années par « l’agence immobilière des armées », la MRAI. L’histoire singulière de ce Fort pendant la 2ème guerre mondiale, ou plus de 7000 résistants, en majorité des femmes, ont été emprisonnés et déportés, justifie qu’un espace soit dédié à leur mémoire.

Mais quand est-il des autres projets?

II- Tenir compte de l’Avenir d’aujourd’hui

Comment peut-on envisager que les projets d’aménagements et de constructions[1]* qui vont naître FORT1autour du quartier de l’Avenir, ainsi que la réhabilitation du Fort et l’installation du métro câble, ne tiennent pas compte des réalités du quartier de l’Avenir lui-même ? Son désenclavement par un accès plus direct aux métros[2] est certes important, mais insuffisant! Le quartier de l’Avenir construit au début des années 70 sur les anciens glacis du Fort, ou près de 2500 habitants vivent[3], ne répond pas aux multiples enjeux de la ville durable de demain. Ce quartier constitué principalement de tours et d’immenses parkings aériens devrait pouvoir bénéficier d’aménagements majeurs dans le cadre des multiples projets qui vont émerger autour. Du fait que ce patrimoine soit privatif, puisqu’il appartient en grande majorité à la filière logement de la caisse des dépôts, les leviers pour le transformer sont complexes. Mais ce quartier, de conception uniquement résidentiel, à l’image des grands ensembles des années 70, doit-il rester figé sur lui-même et dans le passé?

III- Oser des chantiers ambitieux pour l’Avenir

Création de parkings souterrains en îlot, résidentialisation des tours, cession du parking actuel à la carte_1420033465 modifié2commune puis transformation en trame verte (pelouse et circulation douce), passerelle d’accès vers le Fort sont autant de chantiers qu’il convient d’investiguer. Il faut donc que ce quartier bénéficie des transformations nécessaires pour qu’il soit tourné vers l’avenir en harmonie avec l’ensemble des aménagements et la réhabilitation du Fort. Du reste, la réhabilitation du Fort et le métro câble sont autant d’atouts pour convaincre les bailleurs propriétaires de l’aménagement du quartier d’oser des chantiers ambitieux!

III- a/ Repenser les abords du quartier

Il convient de créer de la circulation douce avec les autres quartiers, d’aménager des plateaux traversants sur les routes empruntées par les écoliers[4] afin de gagner en fluidité et en perméabilité entre les différents quartiers et en sécurité.

III- b/ Préserver la bute, oui. Fermer la bute, non.

Si la préservation de la bute de plus d’un hectare induit d’en interdire l’accès aux piétons c’est accroître encore davantage l’enclavement du quartier de l’Avenir! Préservez cette bute tout en permettant de s’y promener devrait être la solution choisie. Pourquoi ne pas imaginer un parcours expliquant la faune et la flore existantes sur la bute et réunir ainsi loisirs, culture et pédagogie ?

III- c/ Ouvrir le Fort

vuefortLe Fort, espace fermé depuis plus d’un siècle de par son ancienne vocation militaire, doit être rendu à la société civile, donc ouvert sur la ville afin qu’il ne soit plus contourné mais UTILISÉ par l’ensemble des habitants de la commune des Lilas et des communes avoisinantes.

Il convient de faire du Fort un espace ouvert, de rencontre et de convivialité pour tous!

III- d/ Extension de TDF : ne pas défigurer le Fort et l’Avenir

Si 300 salariés vont travailler sur le site après son extension, il serait regrettable que des bâtiments tout à fait remarquables du Fort leur soient cédés pour y installer leur…cantine d’entreprise. Il deviendra alors indispensable de penser aux aménagements des abords pour éviter les problèmes de circulations et de stationnements, notamment dans la rue de la Résistance. Mais également afin de ne pas défigurer le site du Fort. Le quartier de l’Avenir est déjà suffisamment connoté « parking géant à ciel ouvert ».

Aussi, ne peut-on pas envisager que le terrain du Schuman, près du centre de loisirs, ne soit vendu à TDF pour y construire leur cantine et un parking? La faisabilité d’un accès direct par le mur d’enceinte du Fort serait dès lors étudiée. D’autant que depuis la création du mini terrain de foot synthétique au stade, en accès libre, celui du Schuman est sans aucun doute moins utilisé.

IV- Un mémorial d’Avenir

Un mémorial national intégré dans un espace culturel multiple et d’excellence permettrait, sans aucun doute, de moderniser considérablement le concept de mémorial. Résidence d’artistes et formations musicales, espace de créations et de représentations théâtrales, locaux de répétitions, restaurant et bar associatif, maison des associations…rendraient le mémorial vivant au quotidien, encourageraient sa visite par des populations trop souvent exclues des pratiques de mémoire et de culture.

Les ambitions de solidarité et de mixité sociale seraient ainsi favorisées.

Plutôt que d’envisager de la promotion immobilière dans le but de « rentabiliser » les « investissements » à l’intérieur du Fort, l’implantation de logements étudiants contribuerait grandement à la cohérence mémorielle et culturelle du lieu d’Avenir ainsi créé.

Lieu vivant, ouvert à tous, autour de pratiques et d’événements culturels, artistiques et historiques, le Fort de l’Avenir deviendrait un lieu multiple, un lieu unique, un lieu de référence où mémoire, création et rencontres s’entrecroisent.

V- Le quartier de l’Avenir pour les Lilas

13.jpgAinsi réaménagé, le quartier de l’Avenir des Lilas ne serait pas uniquement, pour ses résidents, le lieu où l’on dort. Ainsi réaménagé, le quartier de l’Avenir des Lilas ne serait pas uniquement, pour les Lilasiens et leurs voisins, le lieu d’un week-end occasionnel.

L’intégralité du quartier de l’Avenir, avec ses aménagements modernes et éco-responsables, avec son Fort ouvert à vocation mémorielle, culturelle et sociale, deviendrait un lieu de vie au quotidien pour tous.

Attractif et tournée vers ses voisins à 360°, il deviendrait un véritable quartier d’Avenir pour les Lilas et l’intégralité de la communauté d’agglomération Est-Ensemble.

cropped-cropped-cropped-cropped-cropped-capture-d_ecc81cran-2014-11-22-acc80-21-01-33111.pngLe collectif Fort Avenir

[1] L’île de loisir de la corniche des Forts, nouveau quartier Gagarine à Romainville, prolongement de la ligne 11 du métro au quartier des Sentes

[2] métro câble et ligne 11

[3] Ce qui représente plus de 10% de la population totale des Lilas

[4] vers le quartier des sentes, le quartier Gagarine, le parc des sports, L’île de Loisir, le centre-ville…

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